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15es journées nationales de refus de la corruption: A qui profite l’or burkinabè ?

15es journées nationales de refus de la corruption: A qui profite l’or burkinabè ?

Dans le cadre des 15es journées nationales de refus de la corruption, plusieurs communications ont été livrées le 9 décembre 2020, tous en lien avec le thème de cette édition : « Transparence et redevabilité dans la gestion des ressources minières au Burkina ».

Depuis 2009 l’or est devenu le premier produit d’exportation du Burkina, devançant le coton. Mais plus de dix ans après le boom minier on se demande vraiment à qui profite le sous-sol burkinabè. « L’or qui sort du sous-sol burkinabè semble s’envoler vers d’autres cieux sans profiter aux Burkinabè ». C’est le verdict implacable en tout cas de Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC). Le secteur a été placé au cœur des échanges des 15es journées nationales de refus de la corruption organisées par le RENLAC. En plus des expositions, ces journées ont été surtout marquées par des communications qui se tenaient au CENASA.

Premier intervenant, Jonas Hien, responsable de l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE), qui s’est penché sur le rôle des OSC dans le contrôle de la gouvernance minière. Pour lui, les sociétés minières sont sur « un boulevard au Burkina » tant elles sont caressées dans le sens du poil. « Elles font du n’importe quoi », a-t-il asséné, invitant la société civile à avoir un regard sur leurs activités. Alors qu’une partie de la manne semble filer entre les doigts du Burkinabè, serait-il possible de nationaliser ces entreprises qui appartiennent généralement à des investisseurs étrangers ? C’est la question à laquelle devait répondre le Pr Taladia Thiombiano. La réponse de l’économiste est catégorique: les conditions ne sont pas réunies en l’état actuel des choses pour que l’Etat s’approprie le capital des sociétés minières. Il fait noter que les autorités n’auraient pas intérêt à nationaliser ces sociétés étant donné qu’elles-mêmes y sont souvent actionnaires. Seul l’avènement d’un régime nationaliste avec un nouveau système économique pourrait créer les conditions de la nationalisation. Il faut ajouter également la faiblesse technologique et le manque de main d’œuvre qualifiée qui empêche pour l’heure une prise en main de la production par les Burkinabè.

Que gagne le Burkina ? Que perd le Burkina

La troisième communication de panel qui était modéré par le secrétaire général de la CGT-B, Bassolma Bazié, a été livrée par le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo. Le secrétaire exécutif de l’institut Free Afrik a développé le thème : « Ressources minières : Que gagne le Burkina ? Que perd le Burkina ». Pour lui le boom minier n’a pas eu d’incidence majeure  sur la croissance L’analyse qu’il fait de cette situation c’est que l’essor des mines c’est fait au détriment d’autres secteurs  « Si on prend l’exemple de la valeur ajoutée, c’est-à-dire la création de richesse, nous avons une situation dans laquelle cette valeur ajoutée tirée du secteur minier était autour de 6%, un peu moins de 7% en 2018…La valeur ajoutée créée par le secteur minier est en particulier faible chez nous parce qu’il n’y a pas de connexion en avale et en amont », a-t-il expliqué.

S’il est vrai que les sociétés minières créent 15 000 voire 16 000 emplois par an et apporte autour de 20% des recettes fiscales, l’évidence est commande de dire que ce n’est pas suffisant. « Les mines rapportent moins que la TVA », a-t-il souligné, ajoutant que la fiscalité burkinabè déroule le tapis rouge aux société étrangères au détriment des nationaux. « On fait ce qu’il ne faut pas faire », a-t-il regretté.

Dr Ra-Sablga Ouédraogo dénonce le fait que toutes les sociétés n’abondent pas le fonds de réparation des dégâts environnementaux. Et quand elles payent, indiquent-ils, la réparation n’est pas immédiate. Il n’y a pas que l’environnement qui prend un coup avec l’exploitation minière. Selon le chercheur, la qualité de la gouvernance est affectée, les mines étant une aubaine pour certaines personnes pour se remplir les poches et un domaine où les trafics d’influences sont courants.

Ceux qui profitent surtout de la manne, selon lui, ce sont les investisseurs étrangers qui bénéficient des rentabilités records du secteur ainsi que les élites administratives et économiques avec qui ces investisseurs entretiennent des relations sulfureuses. « Il y a une mine qui a été ouverte en prenant un prêt dans une banque, elle a fait moins de deux ans d’exploitation et elle a remboursé par anticipation toute la dette parce qu’elle a déjà rentabilisé », a signifié l’économiste.

Il a invité le peuple à prendre ses responsabilités pour faire changer les choses. « Je souhaite que nous prenions le pouvoir ensemble. J’appelle à la construction d’une coalition patriotique pour l’appropriation nationale du secteur minier. Nous pouvons le faire en faisant en sorte qu’il ait une loi très claire avec les prochains députés. Ainsi, nous allons bannir de façon définitive le conflit d’intérêt dans le secteur. Le conflit d’intérêt est le principal poison des mines », a-t-il exhorté.

Sam

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