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Emergence du numérique en Afrique : un cadre pour développer et maintenir les talents sur le continent africain

Emergence du numérique en Afrique : un cadre pour développer et maintenir les talents sur le continent africain

Dans cette tribune, Loïse Tamalgo, Vice-Président en charge des relations publiques pour l’Afrique subsaharienne de Huawei Northern Africa, estime que le numérique offre un véritable moyen pour maintenir les jeunes africains qui rêvent d’ailleurs sur le continent.

Chaque année, l’Afrique perd de nombreux étudiants et personnels hautement qualifiés qui partent vers les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce phénomène appelé la « fuite des cerveaux » entraîne une grave carence pour le développement socio-économique du continent auquel pourrait répondre le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) à travers la formation et la création de nouveaux emplois.

Dans le rapport « e-Conomy Africa 2020 », la Société financière internationale (SFI) estime que l’économie numérique en Afrique devrait représenter 180 milliards de dollars d’ici 2025. Les États africains ont tout intérêt à intégrer pleinement le numérique dans leurs plans stratégiques de développement s’ils souhaitent dynamiser leurs économies et ouvrir de nouvelles perspectives d’avenir, notamment pour les jeunes. Sans actions concrètes de leur part, l’Afrique continuera de subir l’exode de ses « cerveaux ». Selon le FMI, d’ici 2050, le continent aura perdu en tout 34 millions de travailleurs qualifiés qui rejoindront les pays de l’OCDE. La plupart d’entre eux sont des ingénieurs, des médecins, des informaticiens, des travailleurs qualifiés essentiels à la croissance économique et sociale des pays.

D’après les chiffres publiés par la SFI, d’ici 2030, les compétences numériques devraient générer environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne. Une estimation importante, car, pour le moment seuls 3 millions d’emplois sont annuellement créés sur le continent alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année.

Pour maintenir leurs talents, les acteurs publics doivent transformer leurs marchés de consommateurs à un marché de producteurs, générateur d’emplois de qualités, et cela passe par la formation des jeunes aux compétences numériques. À l’heure actuelle, il existe un manque d’adéquation entre le système de formation académique et le marché du travail. Des études réalisées par l’Agence Française de Développement (AFD) entre 2012 et 2016 montrent notamment que sur le continent, 80% des personnes en activité ont un emploi qui ne correspond pas à leur formation initiale et plus de la moitié d’entre eux ont une formation qui ne leur permet pas d’obtenir un premier emploi. Résoudre l’inadéquation entre emplois et qualifications suppose un appui aux formations dans des secteurs tournés vers l’avenir comme les TIC.

Loin d’être la solution miracle au problème de migration massive de personnes qualifiées, l’élaboration d’un écosystème favorable aux start-ups innovantes peut apporter des bénéfices en matière d’économie et de développement social. Les résultats d’une étude d’Oxford Economicsindiquent que la vitesse de croissance de l’économie digitale est 2,5 fois plus importante que celle des économies traditionnelles, et que l’investissement dans les TIC est 6 fois plus rentable que les investissements traditionnels. Pour faciliter la transition numérique, Huawei a un rôle majeur à jouer en termes d’accompagnement et d’expertise dans l’acquisition de compétences technologiques chez les jeunes africains.

Dans cette optique, l’entreprise propose déjà des programmes tels que Seeds For The Future ou ICT Academy dans une large partie des établissements africains. Au total, ce sont 50 000 talents qui ont été formés dans le domaine des technologies et plus de 20 000 d’entre eux ont eu des certifications techniques professionnelles Huawei. En plus d’un appui technique et financier, le secteur privé soutient fortement les États et les institutions publiques dans le but de bâtir des infrastructures enclines à propulser le digital comme un levier de croissance pour le continent avec par exemple une présence active d’incubateurs numériques et de fablabs qui soutiennent la création de start-ups innovantes. À ce titre, il convient également citer des initiatives étatiques louables que sont la mise en place de la Startup Act du Sénégal et celle de la Tunisie, destinée à créer des conditions favorables à l’émergence des startups en vue de la transformation des économies de ces pays. D’autres pays également sur le continent s’activent pour suivre le pas.

Le déploiement d’un écosystème numérique devrait être simplifié et accéléré par la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en janvier 2021. Au- delà de faciliter les échanges commerciaux entre les pays membres, la concrétisation de ce nouvel accord pourrait bien constituer une opportunité sans précédent pour faire progresser la transition numérique sur tout le continent. Avec un marché de plus de 1.2 milliard de personnes et environ 2.5 milliards à l’horizon 2050, le marché commun pourrait mettre un coup d’accélérateur au commerce intra-africain. La zone de libre-échange a même le potentiel d’accroître le commerce intra-africain de 16% en moyenne actuellement à 52% du volume total des échanges d’ici 2022 selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). La réduction des barrières douanières et la levée des freins bureaucratiques vont stimuler la production dans le secteur privé, favoriser l’innovation des entreprises nationales et créer un environnement propice au digital, lui-même générateur d’emplois.

2021 est une année charnière pour les pays africains. L’investissement en faveur d’un écosystème TIC performant et résilient leur apportera des bénéfices économiques qui leur permettront dans le même temps de garder leurs « cerveaux » et de bénéficier de leurs compétences.

Loïse Tamalgo

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