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Initiative sur les multinationales responsables : L’avenir du coton burkinabè se joue le 29 novembre en Suisse

Initiative sur les multinationales responsables : L’avenir du coton burkinabè se joue le 29 novembre en Suisse

Le 29 novembre prochain les Suisses sont invités à se prononcer lors d’un referendum sur l’initiative sur les multinationales responsables. Un « oui » sur les bords du lac Léman pourrait avoir des conséquences inimaginables à des milliers de kilomètres là, sur les bords du Kadiogo

Le 29 novembre prochain les Suisses sont invités à se prononcer lors d’un referendum sur l’initiative sur les multinationales responsables. Un « oui » sur les bords du lac Leman pourrait avoir des conséquences inimaginables à des milliers de kilomètres là, sur les bords du Kadiogo.

Cette initiative soutenue par plus de 80 ONG suisse et par la Gauche exige que les entreprises ayant leur siège intègrent la protection des droits humains et environnementaux dans toutes leurs activités commerciales y compris à l’étranger. Un texte qui ne fait pas l’unanimité surtout du côté de certaines entreprises qui craignent qu’un « oui » ne menace les emplois et la prospérité des entreprises helvétiques dans les pays en développement. L’initiative fait aussi gronder à l’étranger. Le ministre burkinabè du Commerce, Harouna Kaboré, était d’ailleurs à Bernes où il animé une conférence de presse le 9 novembre 2020 pour balayer les accusations d’un rapport qui met le Burkina dans le viseur de cette loi si elle adoptée. C’est le coton deuxième produit d’exportation du pays qui va en pâtir.

Dans ce rapport qui date de 2019, Solidar Suisse, affirme que 250 000 enfants, âgé de 5 à 17 ans travaillent dans le secteur cotonnier burkinabè. « Les trois quarts des enfants interrogés se plaignent d’une fatigue intense. Certains prennent des stimulants afin de supporter la pénibilité du travail… La grande majorité des enfants sont confrontés à des problèmes de santé. En premier lieu viennent les blessures liées à la manipulation d’outils dangereux tels la daba, la houe manga et le coupe-coupe. Les piqûres de scorpions et morsures de serpents constituent aussi un risque grave de blessures graves », peut-on lire dans le rapport qui dénonce également l’impact de ce travail sur la scolarité des enfants.

Solidar pointe la responsabilité de deux entreprises suisses, Louis Dreyfus SA, premier négociant au monde, et Reinhart AG, qui possède 5 à 6% du marché mondial. Ces deux multinationales font partie des principaux acheteurs du coton burkinabè. « Acheter du coton produit par des enfants est inacceptables », s’alarme l’ONG qui invite les deux sociétés suisses à ne pas payer ce « coton cultivé par des enfants ». Si la nouvelle loi passe, elle les y contraindrait.

On comprend donc l’opération de déminage du ministre burkinabè du Commerce devant les médias suisses. Harouna Kaboré avait à ses côtés des soutiens du Burkina tels les députés Isabelle Chevalier et Elisabeth Schneider et Phlilipp Aemi, professeur à l’université de Zurich. Le ministre du Commerce a dénoncé des allégations mensongères visant à saper la filière coton et une loi qui « infantilise » les pays africains. Les photos d’enfants travaillant dans les champs qui parsèment le rapport ne seraient que pures mises en scène.

Si le « oui » l’emporte, il s’inquiète des graves conséquences que cela pourrait avoir sur le secteur cotonnier, un des moteurs de l’économie burkinabè, qui fait vivre des millions de Burkinabè et permet de scolariser des milliers d’enfants.

Le pays qui exporte une bonne partie de son coton retient donc son souffle.

admin

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