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«Le coaching est un métier et comme tout métier il doit s’apprendre»: (Eldaa Koama, directrice générale de Improv’you)

«Le coaching est un métier et comme tout métier il doit s’apprendre»: (Eldaa Koama, directrice générale de Improv’you)

De plus en plus au Burkina Faso, l’entrepreneuriat gagne du terrain. Pour entreprendre, certaines personnes s’attachent les services d’un coach pour donner vie à leurs projets.  Conséquence, on assiste à une profusion de coachs dont certains n’ont pas toujours bonne presse et passent pour être des vendeurs d’illusions. Quelle est la réalité du coaching ?  Comment devient-on coach? Pourquoi aurait-on besoin d’un coach ? Quelle est la différence entre le coaching et d’autres notions comme le mentorat? Ce sont autant d’éclaircissements qu’apporte dans cette interview,  Ragnimwendé Eldaa Koama. Coach-formatrice, la jeune femme est directrice générale de l’entreprise événementielle IMPROV’YOU. Pour elle, le coaching est un métier comme les autres. Et à ce titre, il doit s’apprendre.

La notion dentrepreneuriat rime probablement avec coaching. Vous qui êtes déjà coach, comment peut-on définir le coaching ?

Le coaching est un métier qui amène l’individu qu’on appelle coach à rentrer en relation avec le coaché pour lui permettre de pouvoir redécouvrir sa personnalité, sa valeur, sa vision et ses missions de vie. L’objectif c’est de l’amener à une amélioration de sa personne, sinon de tout ce qu’il va entreprendre.

A partir de votre définition, on comprend que le coaching a plusieurs implications. Comment devient-on coach alors ?

Vous avez certainement vu des personnes s’autoproclamer coach. Je dirai que le coaching est un métier et il doit s’apprendre tout comme les autres métiers. Et cela s’apprend dans un cadre professionnel. Aujourd’hui, nous avons de la chance. Il y a des écoles professionnelles, en l’occurrence l’académie CFC (Coach Formateur Conférencier) dans laquelle je suis allée me former. Ce sont des écoles qui permettent  d’abord à la personne qui va devenir coach d’entrer elle-même dans un processus de développement personnel , de comprendre elle-même qui elle est, de mesurer ses capacités, d’évaluer ses valeurs, sa vision et sa mission de vie. Ensuite, il faut que le « futur coach » définisse clairement et se spécialise sur les thématiques qu’il voudrait aborder plus tard dans ses interventions car coach ne veut pas dire qu’on coach tout le monde dans tout. Le coach doit découvrir le domaine qui l’intéresse. Par exemple ici à IMPROV’YOU, moi je vais m’intéresser particulièrement à tout ce qui est business, initiative entrepreneuriale des personnes que nous accompagnons; alors que d’autres personnes pourraient être intéressées par la vie familiale, la vie de couple. Donc, le coach lui-même, en passant par cette formation, renforce sa technicité, ses capacités à devenir coach, mais aussi précise le domaine dans lequel il voudrait apporter sa contribution. Donc il faut se former d’abord. Comme j’aime à le dire, la formation seule ne suffit pas pour devenir coach. Il y a certaines valeurs et qualités qu’un coach doit incarner.  

 Quelles sont ces valeurs et qualités ?

Le coach doit avoir certaines qualités et valeurs de base sans lesquelles il n’aurait que la technicité. Le coach doit être une personne bienveillante, qui veut le bien des autres. Quand tu veux le bien de quelqu’un, tu es prêt à lui dire la vérité, mais d’une façon à ne pas heurter violemment la personne dans le but de la briser moralement. Il doit aussi être une personne honnête. Il ne doit pas être celui qui raconte des balivernes, qui prétend pouvoir alors qu’il ne peut pas, juste pour soutirer de l’argent. Il doit aussi être une personne disciplinée, une personne que vous voyez se développer continuellement et qui entre dans un processus d’amélioration de soi. Il doit être une personne disponible. Quand on va voir un coach et qu’il décide de vous accompagner, il doit être disponible, sinon il met en danger cette relation de coaching. Sans régularité, sans discipline, sans disponibilité, la relation de coaching devient comme des cours académiques : on ne sait pas quand est-ce que le professeur viendra.

Quel est l’intérêt pour une entreprise de s’attacher les services d’un coach ?

 C’est assez logique. L’entreprise aujourd’hui qui a des rêves de croissance, des objectifs pour se développer, doit résolument s’attacher les services d’un coach. Cela lui permettra de revoir ses objectifs de croissance, revoir sa stratégie de croissance et de développement, évaluer et améliorer les compétences internes. En clair, il faut savoir que le coach n’est pas une personne qui viendra dire à son coaché ce qu’il doit faire. Peut-être ce principe peut marcher dans le mentorat mais ce n’est pas le cas en coaching. Il doit chercher à mieux connaître les besoins du coaché, l’amener dans une réflexion, une dynamique de créativité pour que le coaché trouve en lui-même les ressources, réveiller son potentiel pour pouvoir réussir sinon atteindre les objectifs qu’il se serait lui-même assigné.

Donc vous voyez, que ce soit pour l’individu en tant qu’entité ou pour l’entreprise qui désire se développer ou atteindre des objectifs, il peut avoir cette intervention du coach pour mieux connaître d’abord l’entreprise, pour savoir le potentiel actuel de l’entreprise mais aussi amener l’entreprise dans une réflexion, une créativité qui va l’amener à sortir des sentiers battus pour vraiment briller au grand jour.

Pour une personne ou une entreprise qui a besoin d’un coach, comment pourrait-on identifier le bon du mauvais ?

Il n’y a pas de mauvais coach (rire), il n’y a que des coachs.  Si vous pensez à un coach qui est mauvais, il n’est pas coach tout simplement.

Aujourd’hui si quelqu’un vous dit qu’il est coach, et vous vous rendez compte qu’il ne dit pas la vérité, on peut se dire qu’il est « un mauvais coach ». Le choix du coach n’est pas un jeu de loterie. Avant d’en choisir un, il faut soi-même faire un point personnel, faire le point de sa vie en tant qu’individu, de ses compétences, de son expérience. Cela vous permettra d’identifier le coach qui correspond le mieux à votre profil. Si cette base est acquise, il faut élaborer une liste de coachs. Il ne suffit pas d’entendre que tel coach est bon et courir vers lui. Le coach peut être très bon mais dès que ses méthodologies ne conviennent pas à ma personne, je laisse tomber. Quelqu’un peut avoir été satisfait de ses services et moi non. Donc il faut, comme je l’ai dit, faire une liste afin de savoir qui est coach et qui ne l’est pas, qui est vraiment professionnel ? qui a reçu une formation ? qui a les aptitudes éprouvées pour ça ? Après je regarde en profondeur pour voir s’il y a la possibilité de faire des échanges avec les personnes que j’ai mises sur ma liste pour comprendre leurs méthodologies, leur façon de travailler et savoir si je peux établir une relation de coaching entre la personne et moi. Cela permet d’avoir une idée claire et ensuite de choisir en toute responsabilité le coach avec qui vous voulez travailler.

Je pense aussi que les gens font des choix trop rapides, sur la base des goûts des autres ou même à travers la fameuse recommandation. Je ne suis pas en train de dire que la recommandation n’est pas une bonne chose mais je dois dire que même si l’on me recommande quelqu’un, je dois prendre le soin d’aller moi-même écouter et vérifier, m’entretenir avec la personne pour ne pas être surpris après.

Comment peut-on mesurer l’impact du coaching dans une entreprise ?

L’impact est difficile à mesurer sur le moment ; en effet, il est mesurable à long terme ; par exemple, si vos objectifs sont atteints : Les choses peuvent s’améliorer et quand vous faites encore un point, vous voyez effectivement qu’il y a eu une amélioration par rapport à la situation de départ sans coach.  Soit des compétences se sont améliorées ou la communication de l’entreprise a changé. Ce n’est pas quelque chose qui est flou, les objectifs sont là, de même que les résultats. C’est très clair en coaching.

Quelle analyse faites-vous sur le boom des formations organisées par les coachs en lien généralement avec l’entrepreneuriat ?

Il faut dire que chez nous ici, on aime le sensationnel. Souvent les gens participent aux formations parce qu’ils ont entendu parler sans pour autant chercher à se renseigner. Sinon avoir la possibilité d’échanger avec le formateur ou le coach avant d’y aller est déjà un préalable dans le processus du renforcement de capacités.

Cependant, il y a des notions que je me dois d’éclaircir pour éviter les amalgames puisqu’on parle de coaching.  Il y a le coach, le formateur, le conférencier, le conseiller et le mentor. Mais ces appellations sont très souvent confondues.

Le coach passe par un questionnement professionnel, il amène l’individu à pousser la réflexion et à trouver lui-même les réponses en se basant sur ses connaissances. Le coach ne donne pas de réponse au coaché.  Le formateur en revanche prend des connaissances normalement déjà disponibles, et il va les transmettre avec toute la pédagogie qu’il faut pour que ceux qui sont formés puissent acquérir les connaissances et savoir comment les appliquer. Je parle de connaissances déjà disponibles parce qu’aujourd’hui, quand quelqu’un dit par exemple qu’il donne une formation en art oratoire, ce n’est pas parce qu’il n’existe pas d’informations sur l’art oratoire, mais parce qu’il a cette pédagogie qu’il va user, en plus de la connaissance qu’il a, pour former les participants.

Le conférencier, lui, intervient sur une thématique bien précise. Il est vraiment expert dans le domaine où il évolue. Il est ouvert aux apports parce qu’il est un individu qui vient exposer sur une thématique qui l’intéresse.

 Le conseiller est une personne qu’on confond au sage du village (rire), parce qu’il a tellement vu des citations dans les livres, sur les sites, il a tellement entendu des phrases intéressantes pour aider quelqu’un à sortir d’une situation difficile. Son expérience aussi lui permet de donner de bons conseils. Le conseiller n’oblige pas, il donne juste des conseils et ses conseils peuvent être basés soit sur son expertise, soit sur ses expériences professionnelles et celui qui est en face peut les mettre en pratique ou pas.  

 Le mentor est, quant à lui, une personne qui doit avoir une riche expérience, concernant un domaine. Le mentoré est une personne qui veut aussi se frayer un chemin et faire sa carrière dans le même domaine. Il veut donc avoir un mentor dans le domaine précis. Ce qui justifie qu’une seule personne peut avoir plusieurs mentors. « On ne peut pas demander au mentor de te mentorer sur tous les plans de ta vie ».

Quand on prend le soin de comprendre ces notions, il y a alors nécessité de redéfinir les attentes et la relation qu’on doit avoir avec le professionnel, pour pouvoir réussir ce que nous avons décidé de faire ensemble. Actuellement, j’ai une personne ici que je prends en Mentorship dans le domaine du capacity building. Elle veut vraiment voir comment un individu arrive à évoluer en terme de compétences. Moi personnellement, je peux le faire parce que j’ai une expérience dans ce domaine. Donc je peux transmettre à la personne, les outils avec lesquels elle peut elle-même s’auto-donner des compétences au fur et à mesure de ses expériences professionnelles et sociales.

Certains coachs appellent les jeunes à abandonner les bancs pour entreprendre, ils disent à la limite que l’école n’est plus la solution. Quel est votre analyse sur cette idée qui se repend ?

Je pense que chacun parle en fonction de son expérience. Je vous prends un exemple banal, si un enfant vous pose la question à savoir si la vie est facile. Si votre vie a été facile vous ne pouvez pas inventer, vous lui direz qu’elle est facile. Par contre, si elle a toujours été une addition de problèmes, vous lui direz à quel point la vie est difficile. Si une personne prend le courage de dire devant les caméras, les micros que l’école n’est pas la solution, c’est peut-être que dans son expérience, son parcours académique n’a pas été déterminant pour sa réussite professionnelle. Pour ma part, je reste convaincue que l’éducation est une clef de la réussite de l’individu en société. L’école n’est pas seulement faite pour qu’on sache lire les lettres et les chiffres. L’école amène l’individu à mieux vivre en société d’abord, et à construire sa carrière dépendamment de sa capacité à s’améliorer et à prendre avantage sur son environnement.

Interview réalisée par Serge Ika Ki

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