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Le franc CFA, un frein au développement de l’Afrique ?

Le franc CFA, un frein au développement de l’Afrique ?

L’une des préoccupations majeures qui fait l’actualité en Afrique de l’Ouest ces derniers temps, c’est bien la fin annoncée du francs CFA et le passage à la nouvelle monnaie, l’Eco. Le franc CFA, pour ses pourfendeurs, est l’une des principales causes qui contribue au sous-développement du continent africain, en l’occurrence la zone  CFA. « Le Francs CFA et le développement de l’Afrique » c’est le titre de la communication livrée le 17 décembre dernier par le Dr Hamidou Sawadogo, au cours du festival des identités culturelles. Pour l’économiste, le CFA est un boulet que traine les pays africains et dont il faut couper la chaîne, et aller vers une monnaie commune africaine.

L’analyse du Dr Hamidou Sawadogo s’est articulée autour de deux points : le diagnostic de la situation et les solutions en vue de débarrasser l’Afrique de ce vestige de la colonisation que représente le CFA.

Pour l’enseignant-chercheur, les résultats de la coopération monétaire franco-africaine ne sont pas de nature à favoriser le développement de l’Afrique. A l’entendre, la coopération monétaire qui devait permettre aux pays d’outre-mer d’avancer sur la voie du développement plus vite qu’ils ne pourraient le faire seuls, a fait naitre un déséquilibre flagrant qui profite surtout à la France, au détriment des 15 pays de la zone cfa. Même des auteurs français qu’il a cités reconnaissent cette inégalité « On oublie une chose : c’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique » a ainsi affirmé Jacques Chirac. Cette confession de l’ancien président français traduit sensiblement le pillage massif des ressources africaines par la France. Et pour lui, il est temps pour la France de rétrocéder à l’Afrique ce qui lui doit revenir. Sinon, prévient-il, cette tendance dominatrice pourrait nécessairement prendre fin mais avec d’énorme conséquences politique à l’appui dans le futur

Selon l’auteur, les institutions de la zone CFA comme la BCEAO et l’UEMOA censées être de véritables outils d’autonomie monétaire ont dans la réalité les bras et les poings liés, alors que du point de vue constitutionnel, battre une monnaie est un droit régalien qui relève de la compétence exclusive du peuple souverain.

Une monnaie surévaluée

Selon l’enseignant, l’une des principales difficultés de la parité CFA-Euro est sans doute la surévaluation du CFA par rapport à l’euro. Cette surévaluation du franc CFA appauvrit les exportateurs africains deux fois au moins, a-t-il expliqué. Par exemple, les Africains perdent beaucoup d’argent lorsque leurs recettes d’exportation sont converties en euros. « Le rattachement des monnaies africaines à une monnaie forte, l’euro, implique que soit poursuivie, dans les zones d’émissions africaines, la mise en œuvre de politiques monétaires rigoureuses » avait indiqué l’ancien directeur général du FMI, Jacques de La Rosière. Cette austérité se manifeste par une réduction drastique des dépenses publiques comme la santé, l’éducation, etc.

En plus, l’impossibilité pour les Africains de manipuler souverainement le taux de change comme les Etats-Unis d’Amérique en leur faveur creuse davantage le retard par rapport aux autres pays. De ce fait, les premiers responsables selon le tenant du crachoir, se situent au niveau politique. Il y a un manque de volonté et de courage politique des Africains à mener la lutte à l’image des autres pays, a-t-il souligné.  

Du principe de la libre convertibilité et de la libre transférabilité

Ces deux principes s’accordent sur l’harmonisation d’une libre circulation et échanges monétaire entre les banques françaises et celles de la zone CFA.  Ces deux principes selon Dr Hamidou Sawadogo, sont toujours à l’avantage de la France. Les transferts de fonds entre les Etats membres et la France sont libres, a-t-il affirmé, sauf que cela n’est pas respecté dans l’intérêt de tous. « La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant.  Evidemment, quand vous demandez à un Français dans la rue, il vous dira : Ah ! Pour l’Afrique, on dépense beaucoup d’argent. Mais, il ne sait pas ce que la France récolte en retour, comme contrepartie. Je pourrais multiplier les exemples. Ici, au Gabon, dans l’exploitation forestière, pétrolière et minière, partout les Français sont les premiers. C’est normal, parce que nous étions une colonie française », avait déclaré l’ancien président gabonais, Omar Bongo, dans une interview en 1996.

De façon générale, fait remarquer Dr Hamidou Sawadogo, la France exploite l’Afrique notamment la zone CFA à travers cette monnaie. Sur toutes les lignes, à entendre l’auteur, le CFA contribue à enrichir la France. Aussi longtemps que cette monnaie sera là, il sera difficile selon lui pour l’Afrique d’atteindre le seuil du développement. Toutefois, Dr Hamidou Sawadogo, propose dans son analyse des solutions pour permettre aux Africains de juguler le problème afin de répartir sur une bonne base de développement.

« Il faut liquider le francs CFA »

   Pour que l’Afrique retrouve ses marques, il faut en finir avec le CFA selon l’auteur. Pour lui, la liquidation du franc CFA pour la création d’une monnaie africaine serait une alternative pour sortir l’Afrique du sous-développement. Cela implique de l’avis de l’économiste, un sens de responsabilité et du courage politique pour les dirigeants politiques.

 La position de la France sur l’acquisition de la souveraineté monétaire par les Africains a changé au regard de la pression de l’opinion africaine. « S’il faut en sortir ou pas. Cette époque est révolue. C’est aux États concernés de prendre leurs responsabilités », avait laissé entendre Christine Lagarde, ancienne ministre de l’économie et des finances de la France.

En tout état de cause, il est nécessaire pour l’Afrique de trouver des solutions à cette dépendance monétaire française. La rupture et la création d’une monnaie commune sont envisageable pour permettre à l’Afrique de mériter amplement sa dépendance, selon le Dr Hamidou Sawadogo.

Serge Ika Ki

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