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Suspension de maisons de transit : « La Douane seule ne peut pas faire entrer l’argent dans les caisses de l’Etat » (Aboubacar Balima, porte-parole des transitaires et des commissionnaires en Douane)

Suspension de maisons de transit : « La Douane seule ne peut pas faire entrer l’argent dans les caisses de l’Etat » (Aboubacar Balima, porte-parole des transitaires et des commissionnaires en Douane)

Désormais, pour exercer le métier de Commissionnaire agrée en Douane dans l’espace UEMOA, il faut déposer une caution annuelle de 50 millions et une ligne de crédit de 25 millions. Cette mesure qui date de 2009 et qui devait prendre effet à partir de septembre 2020 a été repoussée à janvier 2021. Ainsi, depuis le 1er février 2021 les maisons de transit qui ne se sont pas acquittées des montants dus ont été suspendues.  Depuis cette date les transitaires et les commissionnaires ont entamé un mouvement d’humeur pour demander un nouvel ajournement du texte ou à défaut un allégement des montants. Dans cette interview qu’il nous accordée le 3 février 2021, leur porte-parole, Aboubacar Rimnongo Balima, indique que seules 10 maisons, sur 400, sont à jour. Une situation qui, selon lui, va impacter la mobilisation des recettes douanières.

Les commissionnaires en Douane doivent désormais verser une caution annuelle de 50 millions et une ligne de crédit de 25 millions. Est-ce vraiment la mer à boire pour vous ?

Ça fait pratiquement 5 ans que nous sommes dans un contexte d’insécurité. Beaucoup de partenaires d’affaires des transitaires et des Commissionnaires en Douane agrées (CDA) ont quitté le pays et ne font plus des importations et des exportations. Ce qui fait qu’il y a un ralentissement de nos activités. Aujourd’hui, nous vivons au jour le jour. Si on prend aussi l’année dernière avec la maladie du Covid-19, ça empiré les choses parce qu’on n’arrivait plus à travailler. Ce sont surtout les grosses boites et les multinationales qui travaillaient. On a autour de 400 maisons de transit et seulement 10 font le travail et ont pu s’acquitter des montants demandés. Il y a un sérieux problème.

Que souhaitez-vous en lançant ce mouvement d’humeur ?

Nous avons lancé ce mot d’ordre en espérant des négociations avec la direction générale des Douanes et si possible avec le ministre des Finances pour que nous puissions poser nos doléances, à savoir si possible l’allégement de la caution à 25 millions et de la ligne de crédit à 10 millions. Ça peut nous aider à nous conformer. A défaut, on demande un report de la mesure d’une année, c’est à dire jusqu’au 31 décembre 2021 pour permettre aux gens de travailler et de réunir l’argent pour se conformer. Je tiens à dire que nous voulons vraiment le développement du pays, nous voulons que les choses marchent, mais nous demandons aussi un accompagnement pour nos maisons de transit.

Quelle serait la conséquence pour vous si l’Etat ne donnait pas une suite favorable à votre requête ?

Ce sont 5 000 à 10 000 jeunes qui iront au chômage parce qu’une maison de transit emploie entre 10 à 20 jeunes qui sont des permanents, des non-permanents et des contractuels. Ce qu’il faut aussi ajouter, c’est que les maisons de transit donnent des stages aux étudiants en transport logistique en vue de leur permettre d’avoir une expérience pratique.

Si aujourd’hui, c’est seulement 10 maisons qui existent, est-ce qu’elles peuvent recevoir 5 000 à 10 000 jeunes en stage ? Est-ce qu’elles peuvent faire seules les déclarations de milliers d’entreprises ?

Et quel sera l’impact d’une manière d’ensemble sur l’économie ?

Les CDA ont des correspondants, des succursales, au niveau des frontières où se trouve un bureau de dédouanement. Si ces maisons ne travaillent pas à partir de Ouaga, cela veut dire qu’au niveau des frontières, on ne pourra pas non plus travailler. Et sans travail, il aura un ralentissement de l’activité et cela va impacter l’économie. La Douane est une structure spéciale qui fait entrer des ressources financières pour le pays. Mais il faut se dire que la Douane ne fait pas le travail seule. En tant que commissionnaire en Douane, nous sommes des facilitateurs des opérations douanières entre le client et la Douane. Imaginez-vous que c’est nous qui recherchons les clients, passons les déclarations et faisons verser les ressources financières à la Douane. Vous voyez que la Douane seule n’a pas de prérogatives pour faire entrer l’argent dans les caisses de l’Etat. Nous sommes un maillon essentiel de la chaîne, les petits comme les grands.

Propos recueillis par Wendyida Ouédraogo

admin

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